Pascale Touré-Leroux

Pascale Touré-Leroux

Retour sur les rivages de Dame Méditerranée...

Peu à peu, j’ai fait le pari de retourner au plus vite sur tes rivages. En ce mois de septembre plus propice à mes désirs de vie paisible et de température douce, je suis revenue. A peine arrivée, en fin d’après-midi,  je découvre  la douce lumière et la tiédeur de la fin d’une journée qui a été chaude. Je pose rapidement mon sac dans la chambre et je cueille tout de suite cette douceur, même si l’eau de la piscine est fraîche. Le bain revivifie après les quatre heures mornes du trajet.

Il n’est pas besoin d’aller très loin pour découvrir tes joyaux. Après  le port de Carqueiranne en allant vers l’Almanarre à la naissance de la presqu’île de Giens, le rivage est parsemé de rochers qui forment des criques minuscules. Le lieu est une curiosité car les pins sont penchés, pliés sur l’eau par le vent. Soumis ? Non, plutôt protecteurs, caressant le rivage de leurs ombres légères. On contemple la mer le long d’une promenade abritée par leurs ombrages, sur le terrain de pétanque les retraités qui habitent les alentours se livrent à des compétitions acharnées, ils sont joyeux, rieurs, conviviaux, hâlés,  ils vivent sous ton doux climat, Méditerranée. Côté presqu’île, la rive est bordée par les escarpements blanchâtres qui isolent les villas nichées dans leurs jardins, leurs verdures  les surplombent. Le vent s’engouffre sur la côte, la mer est  houleuse, presque furieuse.  Ce jour-là, elle avait son bleu profond ; à la mi-septembre la courbe du soleil est bien plus basse et c’est vers l’ouest, du côté du port, bien que l’on fût au milieu de l’après-midi, qu’elle prenait des nuances plus douces. J’ai flâné le long de la promenade et je suis descendue sur les rochers. Avec magnificence, la lumière jouait malicieusement avec les éléments, à travers les branches des pins inclinées sur la rive. Depuis un escalier où l’on accède aux rochers, j’ai vu, vers l’est, la perspective splendide des branches élégantes sur l’enfilade des frêles récifs bruns où tournoyaient de légers remous écumeux. J’ai marché dans la  direction du port où les rochers noirs se font plus massifs, le long d’un étroit chemin qui les surplombe, et j’ai découvert, rien que pour moi, une crique minuscule entre des bras de rochers où l’eau claire s’agitait gaiement. J’étais seule et je suis restée longtemps, tantôt allongée sur mon tapis de plage, me laissant pénétrer la peau par la tiédeur du soleil et le vent léger, tantôt assise, à contempler tout cela avec gourmandise. Un couple discret, à deux pas de moi, s’est assis sur les rochers pour contempler la douceur et la splendeur des lieux.  Je ne suis repartie que lorsque j’ai senti la première fraîcheur du déclin.   



27/01/2016
0 Poster un commentaire
Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour